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VIRGILE.
BUCOLIQUES.
ÉGLOGUE I.
[1] Meliboeus [5] formosam resonare doces Amaryllida siluas. [10] ludere quae uellem calamo permisit agresti. [15] spem gregis, a, silice in nuda conixa reliquit. [20] stultus ego huic nostrae similem, cui saepe solemus
[25] quantum lenta solent inter uiburna cupressi. [30] postquam nos Amaryllis habet, Galatea reliquit. [35] non umquam grauis aere domum mihi dextra redibat.
[40] Quid facerem? neque seruitio me exire licebat [45] 'pascite ut ante boues, pueri, submittite tauros.'
[50] nec mala uicini pecoris contagia laedent. [55] saepe leui somnum suadebit inire susurro; [60] et freta destituent nudos in litore pisces, [65] pars Scythiam et rapidum cretae ueniemus Oaxen [70] impius haec tam culta noualia miles habebit, [75] non ego uos posthac uiridi proiectus in antro [80] fronde super uiridi. sunt nobis mitia poma, |
ECLOGA I. |
ÉGLOGUE I. |
[1] [5] tu apprends aux échos de ces bois à
redire le nom de la belle Amaryllis. [10] et il m'a permis de jouer les airs que je voudrais
sur mon rustique chalumeau. [15] l'espérance de mon troupeau, hélas!
qu'elle a laissés sur une roche nue. Je me souviens (mais
mon esprit était aveuglé) que ce malheur m'a été
plus d'une fois prédit: des chênes ont été
frappés de la foudre devant moi; souvent du creux d'une yeuse
une corneille criant à ma gauche me l'avait annoncé:
Mais dis-moi, ô Tityre, dis-moi quel est ce dieu? [20] n'étais-je pas assez simple pour me la figurer semblable à celle de nos contrées, où nos bergers ont coutume de mener leurs tendres agneaux? Ainsi je voyais ressembler à leurs pères les chiens qui viennent de naître, les chevreaux à leurs mères; ainsi je comparais les petits objets aux grands. Mais Rome élève autant sa tête au-dessus des autres villes, [25] que les cyprès surpassent les vignes flexibles.
[30] depuis que Galatée m'a quitté, et qu'Amaryllis me tient sous ses lois. Car, je te l'avouerai, tant que Galatée me retenait près d'elle, je n'avais ni l'espérance d'être libre, ni le soin d'augmenter mon épargne; et quoiqu'il sortît de mes bergeries bon nombre de victimes, quoique ma main ne cessât de presser pour l'ingrate Mantoue le lait le plus savoureux de mes chèvres, [35] elle n'en revenait jamais chargée du plus
modique métal. [40] Que faire? je ne pouvais mieux sortir d'esclavage, ni connaître ailleurs des dieux aussi propices. C'est là, Mélibée, que j'ai vu ce jeune et divin mortel, pour qui douze fois l'année nos autels fumeront. À peine le suppliai-je, qu'il me répondit: [45] "Enfants, faites paître, comme devant,
vos génisses; rendez au joug vos taureaux." [50] et le mal contagieux du troupeau voisin n'infectera pas le tien. Vieillard fortuné! là, sur les bords connus de tes fleuves, près de tes fontaines sacrées, tu respireras le frais et l'ombre. Ici l'abeille d'Hybla, butinant sur les saules en fleurs qui ceignent tes champs de leur verte clôture, [55] t'invitera souvent, par son léger murmure,
à goûter le sommeil: et tandis que du haut de la roche
l'émondeur poussera son chant dans les airs, tes chers ramiers
ne cesseront de roucouler, la tourterelle de gémir, sur les
grands ormeaux. [60] et les flots laisseront les poissons à sec
sur les rivages; le Parthe et le Germain, exilés et se cherchant
l'un l'autre dans leur course errante, boiront, celui-là
les eaux de l'Arare, celui-ci les eaux du Tigre, avant que l'image
de ce dieu bienfaisant s'efface de mon coeur. [65] les autres chez les Scythes glacés, en Crète, sur les bords de l'impétueux Oaxis, et jusque chez les Bretons, séparés du reste du monde. Ah! me sera-t-il donné, après un long temps, de revoir la contrée de mes pères, mon pauvre toit couvert de gazon et de chaume, et d'admirer encore mon champ, mon royaume, et ses rares épis? [70] Quoi! c'est pour un soldat inhumain que j'ai tant cultivé ces guérets! Le barbare aura ces moissons! Voilà donc où la discorde a amené de malheureux citoyens! Voilà pour qui nous avons ensemencé nos champs! Ente donc, Mélibée, ente des poiriers, range tes vignes sur le coteau. Allez, mes chèvres, troupeau jadis heureux, allez: [75] je ne vous verrai plus, de loin couché dans
un antre verdoyant, pendre aux flancs des roches buissonneuses.
Je ne chanterai plus; non, mes chèvres, vous n'irez plus,
menées par moi, brouter le cytise en fleur et les saules
amers. [80] sur un lit de feuillage. J'ai des fruits savoureux, des châtaignes amollies par la flamme, un laitage abondant. Déjà les toits des hameaux fument au loin, et les ombres grandissantes tombent des hautes montagnes. |
MELIBOEUS, TITYRUS. |
MÉLIBÉE, TITYRE. |
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MELIBOEUS. |
MÉLIBÉE. |
||
Tityre, tu recubans |
Tityre, toi couché |
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sub tegmine |
sous la couverture (l'ombrage ) |
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fagi patulae |
d'un hêtre touffu |
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meditaris |
tu essayes |
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musam silvestrem |
un air champêtre |
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avena tenui; |
sur un chalumeau léger; |
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nos linquimus |
nous , nous abandonnons |
||
fines patriae |
les confins de la patrie |
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et dulcia arva, |
et nos douces campagnes , |
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nos fugimus patriam ; |
nous, nous fuyons la patrie ; |
||
tu, Tityre, |
toi, Tityre , |
||
lentus in umbra, |
couché-nonchalamment sous l'ombrage, |
||
doces silvas |
tu apprends aux forêts |
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resonare |
à répéter |
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formosam Amaryllida. |
le nom de la belle Amaryllis. |
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TITYRUS. |
TITYRE. |
||
O Meliboee, |
O Mélibée, |
||
deus fecit nobis haec otia : |
un dieu a fait (donné) à nous ces loisirs: |
||
namque ille erit mihi |
car celui-là sera pour moi |
||
semper deus ; |
toujours un dieu ; |
||
saepe tener agnus |
souvent un tendre agneau |
||
a nostris ovilibus |
tiré de nos bergeries |
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imbuet aram illius. |
baignera de son sang l'autel de lui. |
||
Ille permisit |
C'est lui qui a permis |
||
meas boves errare, |
mes génisses errer, |
||
ut cernis, |
comme tu le vois, |
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et ipsum |
et moi-même |
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ludere quae vellem |
jouer ce que je voudrais |
||
calamo agresti. |
sur mon chalumeau champêtre. |
||
MELIBOEUS. |
MÉLIBÉE. |
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Equidem |
Moi assurément |
||
non invideo, |
je n'en suis-pas-jaloux, |
||
miror magis, |
je m'en étonne plutôt, |
||
usque adeo |
jusqu'à-tel-point (tant) |
||
turbatur undique |
il-y-a-trouble de tous côtés |
||
totis agris ! |
dans toute la campagne ! |
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En ipse aeger |
Voici que moi-même malade |
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ago capellas |
je conduis mes chèvres |
||
protenus; |
sans-repos (sans m'arrêter ); |
||
etiam, Tityre, |
et même, Tityre, |
||
duco vix hanc ; |
j'emmène avec peine celle-ci ; |
||
namque modo hic |
car tout à l'heure ici |
||
inter corylos densas |
au milieu de coudriers épais |
||
connixa reliquit |
ayant mis-bas elle a abandonné |
||
ah ! in silice nuda |
hélas ! sur une pierre nue |
||
gemellos, |
des jumeaux, |
||
spem gregis. |
l'espoir du troupeau. |
||
Memini, si mens |
Je me souviens, si mon esprit |
||
non fuisset laeva, |
n'avait pas été malavisé , |
||
quercus tactas |
des chênes touchés (frappés) |
||
de coelo |
du haut du ciel ( par la foudre) |
||
praedicere nobis saepe |
prédire (avoir prédit) à nous souvent |
||
hoc malum; |
ce malheur ; |
||
saepe cornix |
souvent une corneille |
||
sinistra |
perchée à-gauche |
||
praedixit |
me l'a prédit |
||
ab ilice cava. |
d'une yeuse creuse (du creux d'une yeuse). |
||
Sed tamen , Tityre, |
Mais cependant, Tityre, |
||
da nobis qui sit iste deus. |
donne-nous (dis-nous ) qui est ce dieu. |
||
TITYRUS. |
TITYRE |
||
Putavi, Meliboee, |
J'ai pensé (je pensais), Mélibée, |
||
stultus ego, |
sot que j'étais |
||
urbem quam dicunt Romam |
la ville qu'on appelle Rome |
||
similem huic nostrae, |
être semblable à cette ville nôtre , |
||
quo pastores |
où nous autres pasteurs |
||
solemus saepe |
nous avons coutume fréquemment |
||
depellere |
de conduire-en-les-chassant-devant-nous |
||
teneros fetus ovium. |
les tendres produits de nos brebis. |
||
Sic noram |
Ainsi je savais |
||
catulos similes |
les petits-chiens être semblables |
||
canibus, |
aux chiens ( à leurs pères ), |
||
sic haedos |
ainsi je savais les chevreaux |
||
matribus ; |
ressembler à leurs mères ; |
||
sic solebam componere |
ainsi j'avais-coutume de comparer |
||
magna parvis. |
les grandes choses aux petites. |
||
Verum haec extulit caput |
Mais cette Rome a élevé (élève) sa tête |
||
inter alias urbes |
entre les autres villes |
||
tantum quantum cupressi |
autant que les cyprès |
||
solent |
ont-coutume d'élever la leur |
||
inter viburna lenta. |
entre les viornes flexibles. |
||
MELIBOEUS. |
MÉLIBÉE. |
||
Et quae tanta causa |
Et quel si grand motif |
||
fuit tibi |
a été à toi |
||
videndi Romam? |
de voir Rome? |
||
TITYRUS. |
TITYRE. |
||
Libertas : |
La liberté : |
||
quae, sera, |
la liberté qui, bien que tardive, |
||
respexit tamen |
a tourné-les-yeux cependant |
||
inertem, |
vers moi languissant, |
||
postquam barba |
après que (lorsque déjà) la barbe |
||
cadebat candidior tondenti; |
tombait plus blanche à moi la coupant; |
||
respexit tamen, |
elle a tourné-les-yeux vers moi cependant, |
||
et venit |
et elle est venue |
||
longo tempore post, |
un long temps ensuite, |
||
postquam Amaryllis |
après qu'Amaryllis |
||
habet nos, |
possède nous (moi), |
||
Galatea reliquit. |
que Galatée m'a abandonné. |
||
Namque, fatebor enim, |
Car, je l'avouerai en effet, |
||
dum Galatea |
tandis que Galatée |
||
tenebat me, |
tenait moi ( me possédait) |
||
nec spes libertatis |
ni espoir de la liberté |
||
nec cura peculi erat. |
ni souci d'un pécule n'était à moi. |
||
Quamvis victima multa |
Bien qu'une victime nombreuse |
||
exiret meis septis , |
sortît de mes parcs, |
||
et caseus pinguis |
et qu'un fromage gras |
||
premeretur |
fût pressé par moi |
||
urbi ingratae , |
pour une ville ingrate, |
||
non unquam dextra |
jamais la main droite |
||
redibat mihi domum |
ne revenait à moi à la maison |
||
gravis sere. |
lourde d'argent. |
||
MELIBOEUS. |
MÉLIBÉE. |
||
Mirabar |
Je cherchais-avec-étonnement |
||
quid, Amarylli, |
pourquoi, Amaryllis, |
||
moesta vocares deos ; |
triste tu invoquais les dieux ; |
||
cui patereris |
pour qui tu souffrais |
||
poma pendere |
les fruits rester-suspendus |
||
in sua arbore : |
sur leur arbre : |
||
Tityrus aberat hinc. |
Tityre était-absent d'ici. |
||
Pinus ipsae |
Les pins eux-mêmes |
||
vocabant te, Tityre, |
appelaient toi, Tityre, |
||
fontes ipsi, |
les sources elles-mêmes, |
||
haec arbusta ipsa te. |
ces arbustes mêmes t''appelaient. |
||
TITYRUS. |
TITYRE. |
||
Quid facerem ? |
Qu'aurais-je pu faire ? |
||
Licebat me |
Il n'était-possible moi |
||
neque exire servitio, |
ni sortir d'esclavage, |
||
nec cognoscere alibi |
ni connaître ailleurs |
||
divos tam praesentes. |
des dieux aussi propices. |
||
Hic, Meliboee, |
Là, Mélibée, |
||
vidi illum juvenem, |
j'ai vu ce jeune-homme, |
||
cui quotannis |
pour qui chaque-année |
||
nostra altaria fumant |
nos autels fument |
||
bis senos dies. |
pendant deux-fois six jours. |
||
Hic ille primus |
Là ce jeune homme le premier |
||
dedit responsum |
a donné cette réponse |
||
mihi petenti : |
à moi qui en demandais une : |
||
« Pueri, |
« Enfants, |
||
pascite boves, |
faites-paître vos boeufs , |
||
ut ante ; |
comme auparavant ; |
||
submittite tauros. » |
laissez-croître vos taureaux. » |
||
MELIBOEUS. |
MÉLIBÉE. |
||
Fortunate senex ! |
Heureux vieillard ! |
||
ergo rura |
ainsi ces champs |
||
manebunt tua! |
demeureront tiens (à toi)! |
||
Et satis magna tibi, |
Et ils sont assez grands pour toi, |
||
quamvis lapis nudus |
quoiqu'une pierre nue |
||
palusque |
et qu'un marais |
||
junco limoso |
au jonc bourbeux |
||
obducat omnia pascua. |
couvre tous tes pâturages. |
||
Pabula insueta |
Des pâturages inaccoutumés |
||
non tentabunt graves, |
n'attaqueront pas tes brebis pleines, |
||
nec contagia mala |
et la contagion malsaine |
||
pecoris vicini |
d'un troupeau voisin |
||
laedent |
ne nuira pas |
||
fetas. |
à celles qui-ont-mis-bas. |
||
Fortunate senex ! |
Heureux vieillard! |
||
hic, inter flumina nota |
ici, entre des ruisseaux connus de toi |
||
et fontes sacros, |
et des sources sacrées, |
||
captabis frigus |
tu prendras (respireras) la fraîcheur |
||
opacum ! |
ombragée (produite par l'ombrage) ! |
||
Hinc sepes |
De ce côté la haie |
||
quae a limite vicino |
qui sur la limite voisine |
||
depasta semper |
est broutée toujours |
||
florem salicti |
quant à la fleur du saule |
||
apibus Hyblaeis, |
par les abeilles de-1'Hybla, |
||
suadebit tibi saepe |
conseillera à toi souvent |
||
levi susurro |
par un léger murmure |
||
inire somnum ; |
de te-laisser-aller au sommeil ; |
||
hinc sub rupe alta |
de ce côté au-pied-d'une roche élevés |
||
frondator |
celui-qui-taille-les-arbres |
||
canet ad auras ; |
chantera dans les airs; |
||
interea tamen |
cependant néanmoins |
||
nec palumbes raucae |
ni les colombes à-la-voix-rauque, |
||
tua cura, |
ton soin (l'objet de tes soins), |
||
nec turtur |
ni la tourterelle |
||
cessabit gemere |
ne cessera de gémir |
||
ab ulmo |
du haut d'un orme |
||
aeria. |
qui-s'élève-dans-les-airs. |
||
TITYRUS. |
TITYRE. |
||
Ergo cervi leves |
Aussi les cerfs légers |
||
pascentur in aethere , |
paîtront dans l'air, |
||
et freta |
et les mers |
||
destituent in littore |
abandonneront sur le rivage |
||
pisces nudos ; |
les poissons à-sec ; |
||
aut Parthus exsul |
ou le Parthe exilé |
||
bibet Ararim, |
boira la Saône, |
||
aut Germania |
ou la Germanie ( le Germain ) |
||
Tigrim , |
boira le Tigre, |
||
finibus amborum |
les confins (les pays) de tous les deux |
||
pererratis, |
ayant été parcourus-d'un-bout-à-l'autre, |
||
ante quam vultus illius |
avant que le visage de lui |
||
labatur nostro pectore. |
glisse (s'efface) de notre coeur. |
||
MELIBOEUS. |
MÉLIBÉE. |
||
At nos hinc |
Mais nous, nous éloignant d'ici |
||
alii ibimus |
les uns nous irons |
||
Afros sitientes, |
chez les Africains altérés, |
||
pars |
une partie (les autres) |
||
veniemus Scythiam, |
nous nous rendrons en Scythie, |
||
et Oaxem rapidum Cretae, |
et près de l'Oaxe rapide de la Crète, |
||
et Britannos |
et chez les Bretons |
||
divisos penitus |
séparés profondément ( par un long espace) |
||
orbe toto. |
de l'univers entier. |
||
En unquam |
Est-ce que jamais |
||
longo tempore post |
long temps après mon départ |
||
mirabor |
je ne contemplerai |
||
fines patrios, |
les confins de-la-patrie, |
||
et culmen pauperis tuguri |
et le toit de ma pauvre cabane |
||
congestum cespite, |
entassé de gazon (fait de gazons entassés), |
||
post aliquot aristas, |
après quelques épis (étés), |
||
videns mea regna ? |
voyant mon royaume ? |
||
Miles impius |
Un soldat impie |
||
habebit haec novalia |
aura ces guérets |
||
tam culta ! |
si bien cultivés ! |
||
Barbarus |
Un Barbare |
||
has segetes ! |
aura ces moissons ! |
||
En quo discordia |
Voilà où la discorde |
||
perduxit miseros cives ! |
a conduit les malheureux citoyens ! |
||
En quis |
Voilà pour quels hommes |
||
consevimus agros ! |
nous avons ensemencé nos champs! |
||
Nunc, Meliboee, |
Maintenant, Mélibée, |
||
insere piros ! |
greffe tes poiriers ! |
||
pone vites ordine ! |
dispose < |