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CICERON
DISCOURS
CONTRE VERRES
SUR LES STATUES.
Plan détaillé de l'oeuvre
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I. Transition. L'orateur avance que, dans toute la Sicile, il n'y a pas eu un seul vase précieux, une seule statue, un seul ouvrage d'art qui ait échappé à la convoitise et à la rapacité de Verrès. |
II. Première narration. Héius de Messine possédait un oratoire contenant quatre statues d'un travail exquis ; entre autres , un Cupidon de la main de Praxitèle. |
III. Verrès s'est approprié les quatre statues de l'oratoire d'Héius. |
IV. Mais il prétend les avoir achetées : à la bonne heure, le peuple romain a envoyé un marchand en Sicile. |
V. Les lois ont interdit tout achat aux préteurs : car celui qui a l'autorité n'est pas un acheteur sérieux pour le vendeur qui doit lui obéir. Néanmoins, soyons indulgents , dit l'orateur , s'il a vraiment acheté ces statues. |
VI. Mais Héius est riche , il ne vend rien , il tient à ces monuments de famille. Peut-être aura-t-il été tenté par la grandeur de la somme. Voilà cette somme écrite sur les registres d'Héius : 6,500 sesterces pour les quatre statues, le Cupidon de Praxitèle vendu 1,500 sesterces. |
VII. C'est par abus de pouvoir, c'est par violence que Verrès les a arrachées des mains de cet Héius qu'il devait protéger, de cet Héius chargé maintenant de le défendre au nom de Messine. |
VIII. Et, aujourd'hui que cet homme lésé redemande, au nom des lois, ses dieux qu'on lui a ravis, Verrès veut que le sénat de Messine blâme la conduite de son député. |
IX. Il cite les noms de ses panégyristes : que veut-il prouver ? Les pirates eux-mêmes se font des amis, et se réservent un port de refuge. |
X. C'est Messine qui a été le repaire du brigand de la Sicile : c'est là qu'il entassait les dépouilles de la province; c'est là que fut dressée une croix pour un citoyen romain. |
XI. Et les Mamertins viennent ici décerner des éloges ! Quels sont leurs titres auprès du sénat et du peuple ? Est-ce d'avoir manqué en ma personne à la dignité du sénat? Est-ce d'avoir crucifié un citoyen ? |
XII. Deuxième narration. De plus, Verrès a emprunté à Héius des tapis attaliques, et ne les lui a pas rendus : il a enlevé de magnifiques colliers à Philarque, à Ariste, à Cratippe. |
XIII. Deux limiers, attachés à sa personne, Tlépolème et Hiéron, lui aidaient à faire toutes ses découvertes. |
XIV. Troisième narration. L'orateur cite, à l'appui de ce fait, l'anecdote de Pamphile de Lilybée et de ses coupes en relief. |
XV. Eh bien ! Verrès pousse la maladresse jusqu'à donner en public des signes de sa cupidité, trois jours avant que son arrêt lui soit prononcé. |
XVI. Le préteur a dégarni le buffet de Dioclès de Lilybée de toute son argenterie. |
XVII. Il a soustrait à M. Célius, à C. Cacurius leurs vases d'argent; à Lutatius Diodore, une table de citre; à Lyson, une statue d'Apollon. |
XVIII. Il apprend que Diodore de Malte possède des vases d'une grande beauté ; il les demande, mais Diodore s'éloigne pour les dérober à sa rapacité. |
XIX. Furieux, le préteur le fait accuser, quoique absent ; mais le père de Verrès obtient pour cette fois de son fils la cessation des poursuites. Diodore n'osa pourtant rentrer en Sicile. |
XX. Calidius s'est vu dépouillé de petits chevaux d'argent d'un très-beau travail et d'un grand prix, qu'il réclame aujourd'hui. |
XXI. Papirius prête une cassolette à Verres, qui ne la lui rend qu'après en avoir détaché les reliefs. |
XXII. Quatrième narration. On ne pourrait dénombrer tous les vols du préteur : rien, n'échappe à sa cupidité, tout lui est bon. |
XXIII. Cinquième narration. Il arrive aux portes d'Haluntium : là il s'arrête et exige qu'on lui apporte toute l'argenterie de la ville, tous les vases de Corinthe. |
XXIV. Il dira toujours qu'il les a achetés ; en effet, il a donné, pour la forme, quelques pièces de monnaie à ceux qu'il a dépouillés. |
XXV. Ici Cicéron cite un beau trait du préteur Pison, qu'il oppose à l'avarice de Verrès. |
XXVI. Cette avarice ne peut être assouvie : elle amasse les anneaux, les étoffes , les lits, les candélabres. |
XXVII. Sixième narration. Souvent, elle demande davantage encore. Le jeune Antiochus, fils du roi de Syrie, passe en Sicile. Verrès apprend qu'il apporte avec lui des objets précieux ; il aspire à s'en rendre maître. |
XXVIII. Le prince destine au Capitole un candélabre, enrichi de pierreries , présent digne des dieux : le préteur demande à le voir et à l'admirer ; on le lui envoie. |
XXIX. Antiochus , las d'attendre , va redemander lui-même ce chef-d'oeuvre ; et, parce qu'il ne cède pas aux sollicitations du préteur, il reçoit de lui l'ordre de sortir de la province avant la nuit. |
XXX. Ainsi l'allié de Rome est chassé honteusement d'une province romaine, et Verrès profite des dépouilles du Capitole ! |
XXXI. Ici l'orateur apostrophe Catulus, chargé de la reconstruction du Capitole , et en ce moment juge de Verrès. Comme simple particulier, Catulus devrait accuser ; juge, que doit-il faire ? |
XXXII. Qui pourra désormais arrêter le préteur? Il s'attaque maintenant aux dieux immortels eux-mêmes. |
XXXIII. Septième narration. Ségeste, ville alliée des Romains , possède une Diane en bronze, objet du culte le plus antique. |
XXXIV. Après la prise de Carthage qui l'avait enlevée, cette statue fut rendue par Scipion l'Africain aux habitants de Ségeste. Verrès veut que les magistrats lui en fassent hommage : le sénat la lui refuse d'abord, mais cède enfin à ses injustices et à ses persécutions. |
XXXV. Ainsi, un Romain, modèle de vertus , a rendu aux Ségestains les dieux de leurs pères ; un préteur, honte du nom romain , les leur ravit encore. |
XXXVI. Apostrophe à P. Scipion, qui, en cette circonstance, prend la défense de Verrès , de Verrès, qui a voulu porter atteinte à la gloire de l'Africain. |
XXXVII. Si l'héritier des Scipions sacrifie leur mémoire à son amitié pour Verrès, l'orateur prendra sa place pour relever l'honneur de cette famille; éloge de Scipion l'Africain. |
XXXVIII. Qu'on rende au Capitole ce qui lui a été ravi ! Que les trophées de Scipion ne restent pas chez Verrès, la chaste Diane dans une maison d'opprobre ! |
XXXIX. Huitième narration. Cicéron n'a pas tout dit : le préteur exige des Tyndaritains un Mercure qui leur venait du même Scipion. Sopater lui annonce que le sénat le refuse. |
XL. Il invente pour Sopater un nouveau genre de supplice : le sénat n'y met fin qu'en promettant la statue. |
XLI. Que de crimes à la fois ! concussion, péculat, barbarie, lèse-majesté, sacrilège ! |
XLII. Les registres publics font foi de ces attentats ; et Sopater est là pour servir de témoin. |
XLIII. Neuvième narration. Partout des vols, partout des crises ! La statue d'Apollon et bien d'autres encore sont arrachées du temple d'Agrigente. Celle d'Hercule pourtant lui échappe. |
XLIV. Toutes les richesses du temple de la mère des dieux, chez les Enguiniens, passent au pouvoir de Verrès. |
XLV. Pour excuser le vol de la statue de Cérès, à Catane, il en fait accuser un esclave ; mais le vrai coupable est bien connu. |
XLVI. A Malte, il fait faire main basse sur tous les trésors du temple de Junon. |
XLVII. Tous ces faits sont prouvés : les délégués de chaque ville viennent apporter leur déposition. |
XLVIII. Dixième narration. Enna est un lieu sacré pour les Siciliens : les Syracusains, en particulier, y célèbrent des fêtes chaque année. |
XLIX. C'est là que Cérès est spécialement honorée. Eh bien ! l'auguste statue de cette déesse a été enlevée du sanctuaire du temple. |
L. Enna est encore consternée d'un pareil crime ; les esclaves, pendant la guerre, ont occupé cette ville consacrée : « Verrès, ils ont été moins coupables et moins barbares que vous ! |
LI. Juges, ces peuples viennent en suppliant vous redemander Cérès, leur protectrice outragée, et le retour de leurs belles moissons. » |
LII. Onzième narration. Qu'a fait Verrès à Syracuse? L'orateur ne veut rien dire ici du sang qu'il a versé : il ne s'occupe que de ses rapines. |
LIII. Description de Syracuse et de ses principaux monuments. |
LIV. Marcellus, qui prit cette ville, a partagé entre elle et Rome ses nombreux chefs-d'oeuvre : il pouvait tout enlever. Le préteur, le magistrat de la paix, a été plus avide pour lui-même que le vainqueur ne le fut pour sa patrie. |
LV. Marcellus respecta le temple de Minerve ; Verrès l'a dévasté. Les tableaux que n'osa toucher Marcellus, Verrès les a tous enlevés. Le premier ornait les temples, le second les dépouilles. |
LVI. Il arrache les reliefs des portes, les clous d'or, les piques mêmes du temple de Minerve. |
LVII. Il ravit la Sapho , chef-d'œuvre de Silanion ; la statue d'Apollon, du temple d'Esculape ; celle d'Aristée, du temple de Bacchus. |
LVIII. Dans l'univers , on ne comptait que trois statues de Jupiter Imperator; celle de Syracuse , la plus belle peut-être, est devenue la proie de Verrès. |
LIX. Enfin, cette ville est plongée dans la consternation, et frémit encore du pillage que le tyran lui a fait subir. |
LX. Quand il prétend avoir acheté
ces statues, il fait aux Syracusains une injure plus sensible encore.
Ils regardent comme une infamie de passer pour avoir vendu ce qu'ils
ont reçu de leurs |
LXI. Cicéron, quand il vint à Syracuse, craignait de rencontrer des difficultés dans l'instruction d'un pareil procès. |
LXII. Le sénat l'accueille; on lui fait entendre que la statue d'or de Verrès placée dans le sénat n'est pas un témoignage de reconnaissance , mais un monument de ses forfaits. |
LXIII. — Il reconnaît que les Syracusains ressentent aussi vivement que les habitants des autres villes les mauvais traitements du préteur. |
LXIV. Il s'agit de faire l'éloge de Verrès : personne ne parle ; enfin, le décret à sa louange est une dérision qui rappelle la honte de sa préture. |
LXV. Cicéron est reçu avec empressement ; son titre de défenseur lui attire la bienveillance générale. Le questeur de Verrès est le seul qui songe à appeler de la décision du sénat. |
LXVI. Enfin , l'orateur rappelle les difficultés qu'il a rencontrées pour obtenir les registres qui devaient condamner le préteur. |
LXVII. Ainsi donc, des deux éloges dont se glorifie Verrès, l'un est détruit par un décret, l'autre est une amère ironie. |
© OSMONT mars 2007